J’ai eu un OnlyFans pendant deux ans, et voilà pourquoi je l’ai supprimé
Il y a des sujets dont je parle facilement. Et puis il y a celui-là, que je gardais un peu de côté. Pendant environ deux ans, j’ai eu un compte…
Ces derniers temps, il y a un sujet qui revient beaucoup autour de moi : les hommes « bien ».
J’en ai discuté avec mes amies, mais aussi beaucoup avec mes clientes ou encore avec des connaissances avec qui j’échange sur Instagram.
Sur les réseaux, il ne se passe pas un jour sans que je voie des stories de femmes qui ont « encore été déçues » par un homme, ou des commentaires sous les vidéos de couples qui ont l’air super « sains ».
Par exemple sous les vidéos d’Alexandra Guérin et Rayan, il y a toujours plein de commentaires du style :
Sous les posts de Harmony Albertini et son chéri Bonny aussi, à tel point que suite à ces commentaires, ils ont proposé un live « manifester l’amour sain ».
Et je comprends totalement pourquoi ces commentaires existent. Beaucoup de femmes ont vécu/vivent des relations chaotiques. Des relations avec du manque de respect, du mensonge, de l’instabilité, une peur de l’engagement, etc.
Mais il y a aussi quelque chose qui me frappe souvent. Et je vais être honnête : parfois, ça m’énerve carrément. Parce que je vois des femmes incroyables qui continuent de donner leur énergie à des hommes médiocres voire à des red flags ambulants.
Le mec trompe, ment, ghost pendant des jours. Et le pire ? C’est qu’on leur trouve des excuses… « Il traverse une période difficile » ou encore « Il a peur de s’attacher parce qu’il a été blessé. »
Au départ je me suis beaucoup énervée, j’avais envie de secouer mes amies pour leur faire ouvrir les yeux sur ce qui était pour moi évident. Puis je me suis calmée et je me suis dit que j’allais écrire sur ce sujet. Pour elles et pour toutes les femmes qui se reconnaîtront.
Et plus j’y réfléchissais… plus je me rendais compte d’un truc : à chaque fois que je creuse une raison… on retombe sur la même chose. L’estime de soi. Encore elle.
Déjà, on a grandi dans une culture qui romantise énormément les relations dysfonctionnelles.
Dans les films, les séries, les livres, les grandes histoires d’amour sont presque toujours compliquées, passionnelles, douloureuses, instables.
Quand on regardait Gossip Girl, on était beaucoup à crusher sur Chuck Bass, alors que c’est littéralement un prédateur au début de la série.
Dans Vampire Diaries, c’était au tour de Damon, alors que le mec manipule, menace et maltraite la moitié des gens autour de lui.
Et dans Les Hauts de Hurlevent, la relation entre Heathcliff et Catherine est une tempête émotionnelle destructrice… qu’on continue pourtant de présenter comme une des plus grandes histoires d’amour.
Le message est toujours un peu le même : l’homme compliqué, froid, inaccessible… mais qui va finir par s’ouvrir grâce à toi.
Et sans même s’en rendre compte, beaucoup de femmes ont intégré cette idée que l’amour, c’est ça : le chaos, l’intensité, les montagnes russes émotionnelles. Et parfois aussi la mission de sauver quelqu’un.
C’est un schéma qu’on observe souvent chez les femmes. En gros, c’est quand tu prends inconsciemment le rôle de celle qui doit sauver l’autre.
Tu fais passer son bien-être avant le tien. Tu essaies de comprendre, réparer, soutenir. Tu pardonnes beaucoup. Et petit à petit… tu t’oublies.
Et c’est justement dans ces moments-là que ça devient dangereux. Parce que quand tu ne poses pas de limites et que tu fais toujours passer les besoins de l’autre avant les tiens, tu deviens beaucoup plus vulnérable face aux personnes toxiques.
Comment reconnaître ce syndrome ? C’est assez simple.
Est-ce que tu as du mal à dire non ?
Est-ce que tu doutes souvent de toi ?
Est-ce que tu es très empathique, au point de porter les problèmes des autres sur tes épaules ?
Est-ce que tu te retrouves souvent à analyser les blessures ou les comportements de ton partenaire pour essayer de le comprendre ?
Est-ce que tu as tendance à t’oublier dans une relation ?
Si tu t’es reconnue dans plusieurs de ces points… il y a peut-être quelque chose à creuser.
Ce genre de schéma ne sort pas de nulle part. Il peut venir de blessures émotionnelles, de certaines expériences passées, ou simplement de ce qu’on nous a appris sur l’amour et le rôle des femmes dans une relation.
Quand on doute de sa valeur, on peut finir par croire qu’on doit être utile pour être aimée.
Alors on donne énormément. On soutient. On pardonne. On comprend. Parfois jusqu’à l’épuisement.
Alors que la réalité, c’est que tu n’as pas besoin de sauver quelqu’un pour mériter d’être aimée. L’amour n’est pas censé être un programme de rééducation émotionnelle.
Le problème n’est donc pas (toujours) les hommes. Même si bien sûr ils ont leur part de responsabilité.
Le problème, c’est que lorsqu’on doute de sa valeur, on accepte trop.
Évidemment, ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas d’hommes toxiques. Il y en a. Beaucoup. Et ils sont responsables de leurs comportements.
Et ça ne veut pas dire non plus que les femmes ne peuvent pas être toxiques. Des personnes toxiques, il en existe dans tous les genres.
Simplement, dans une société encore très marquée par le patriarcat, les femmes sont souvent socialisées à être plus conciliantes, plus compréhensives, plus patientes. À excuser. À réparer. À supporter.
Et c’est précisément ce mélange-là (des comportements problématiques d’un côté et une tendance à trop tolérer de l’autre) qui crée des relations profondément déséquilibrées.
Et on retombe encore sur la même chose : l’estime de soi. Parce que quand on doute de sa valeur, on a tendance à penser qu’on ne mérite peut-être pas mieux.
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