On t’a menti sur ce qu’est la confiance en soi
Tu travailles sur toi depuis des mois. Peut-être des années. Tu lis les bons livres, tu écoutes les bons podcasts, tu fais peut-être même de la thérapie. Tu sais d’où…
Pas dans le sens mignon et instagrammable.
Dans le sens : tête ailleurs, incapable de me concentrer, toujours trop, ou pas assez, et surtout… jamais “comme il faut”. À l’école, c’était une catastrophe. Je n’aimais pas ça. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait rester assise, écouter, suivre, faire comme tout le monde. Moi, j’avais juste envie de… expérimenter ?
Et quand je dis expérimenter, c’est pas une métaphore. Petite, je me suis :
Bref. Une enfant très créative… pour le plus grand plaisir de mes parents.
Être “différente”, c’est mignon enfant. Beaucoup moins quand tu rentres dans le monde du travail.
Ma courte expérience en entreprise ? Un enfer. J’étais :
En gros, tout ce qu’un employeur adore.
Et puis en 2020, pendant le confinement : fin de période d’essai, merci, au revoir. Sur le moment, ça fait mal. Mais avec du recul ? C’était probablement la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Parce que c’est là que j’ai compris un truc (merci ma meilleure amie) : je n’étais pas faite pour rentrer dans une case, je devais créer la mienne.
Au début, j’étais en mode : “Attends, les gens vont venir, je vais les prendre en photo… et ils vont me payer ??” Ça me paraissait lunaire. Je ne prenais pas ça au sérieux. Et honnêtement… ça s’est vu.
Dans les débuts :
Et surtout, j’avais l’impression que tout le monde faisait mieux que moi. Et ça, ça m’a rongé pendant longtemps.
Il y avait aussi ce truc avec les autres. Je sentais que mon rapport n’était pas “normal” :
Je commençais à me dire qu’il y avait peut-être… quelque chose. J’en parle autour de moi. À ma copine. À mes meilleures amies. Et une idée revient souvent : “Tu penses pas que t’as peut-être un TDAH ?”
Après des mois à y penser, je consulte un psychiatre spécialisé. L’idée c’était de comprendre, de mettre des mots sur mes maux et de voir si un traitement était possible. Et là : TDAH mixte (inattention + hyperactivité). Ok. Donc ce n’était pas “juste moi qui abuse”.
Très simplement : c’est un trouble du neurodéveloppement qui affecte le développement du cerveau et du système nerveux.
Elles sont nées avec et le garderont toute leur vie. Certains spécialistes évoquent une piste génétique.
Le TDAH a un lien avec la dopamine, un neurotransmetteur qui provoque un afflux de plaisir, qui active ce qu’on appelle le « circuit de la récompense » dans le cerveau. Selon certaines études, les personnes touchées par le TDAH auraient un taux de dopamine moins élevé. Sauf que la dopamine, c’est ce qui gère la motivation, l’attention et le passage à l’action. Du coup, soit t’arrives pas à démarrer, soit tu pars en hyperfocus pendant 8h sans voir le temps passer.
Et non, ce n’est pas “être un peu distrait”. Tout le monde peut se reconnaître dans les symptômes. Mais chez nous, c’est amplifié, constant, et parfois handicapant.
Concrètement :
Et puis à côté de ça, hier par exemple :
Ma copine appelle ça » Le mode tornade ».
Spoiler : c’est pas toujours “carré”. Je parle beaucoup. Je pars dans tous les sens. J’ai des pensées en arborescence. J’oublie ce que je dis. Mais en réalité… c’est aussi ça qui crée mes séances
Je l’assume. Parce que très souvent : ça met à l’aise. Le silence peut être stressant. Moi, je remplis l’espace. Je raconte, je rebondis, je rigole… et petit à petit, la pression redescend.
Je ne déroule pas une séance comme un script. Je rebondis sur un geste, une émotion, un regard. Du coup c’est vivant, spontané, c’est jamais “froid” ou mécanique.
Pour me stimuler, j’ai besoin de créer. Tout le temps. Et ça donne des séances qui ne se ressemblent pas.
Donc je teste :
Je ressens vite. Fort. Je capte les micro-expressions, les hésitations, les moments de bascule. Et je m’adapte en temps réel. Je ne dirige pas juste, j’accompagne.
Aujourd’hui, je me connais mieux. Donc j’ai mis en place des choses : je note TOUT (agenda + notes), j’essaie de structurer mon travail, je mets des rappels partout. Mais je reste humaine.
Donc : si j’ai oublié de te répondre, pitié relance-moi. Si je parle trop vite en séance, dis-le moi. Je ne le prendrai jamais mal. Au contraire.
Un jour, j’achète des feuilles d’or pour un projet. Je les range en me disant : “t’inquiète, je sais exactement où elles sont”. Je vis dans un appart de 35m². Je les ai perdues. Introuvables. Du coup : rachat en panique, last minute, stress. Et au final ? La séance s’est très bien passée (et j’ai même retrouvé les feuilles d’or un jour en rangeant un placard…).
J’ai commencé la ritaline après mon diagnostic. Et je l’ai arrêtée au bout de 2 mois. (Pour plein de raisons, personnelles, peut-être que j’en parlerai un jour.)
Aujourd’hui, ça fait un an que je suis diagnostiquée. Et j’essaie surtout de comprendre comment fonctionner avec mon cerveau, pas contre lui.
Il y a un truc qui me dérange. Quand on dit : “Le TDAH c’est un super pouvoir” Non. Parfois c’est épuisant, frustrant, insupportable. Mais ce n’est pas non plus une fatalité et ça ne me définit pas entièrement. C’est une partie de moi avec laquelle je dois composer. Et c’est là que ça devient intéressant.
Aujourd’hui, j’ai arrêté d’essayer d’être “comme il faut”. Et mon travail a changé. Mes séances sont vivantes, adaptatives, immersives
Et je pense que mes clientes ne viennent pas seulement pour des photos. Elles viennent pour se sentir vues, comprises, guidées sans pression.
J’oublie des trucs. Je pars dans tous les sens. Je doute encore. Mais je suis profondément connectée à ce que je fais et aux femmes que j’accompagne. Et parfois, c’est exactement ce dont elles ont besoin.
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/ Mon univers, sans censure /
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Les sujets que j’aborde ici — le regard sur soi, la confiance, la sensualité — sont au cœur de mes shootings.
Une séance photo peut être un moment puissant : un espace pour se voir autrement, se reconnecter à son corps et changer la manière dont on se regarde. Si cette lecture résonne en toi, peut-être que ce n’est pas un hasard.
Chaque histoire commence quelque part.
Photographier, pour moi, ce n’est pas juste capturer une belle image. C’est rencontrer. Écouter. Comprendre. Accompagner.