J’ai eu un OnlyFans pendant deux ans, et voilà pourquoi je l’ai supprimé
Il y a des sujets dont je parle facilement. Et puis il y a celui-là, que je gardais un peu de côté. Pendant environ deux ans, j’ai eu un compte…
Ok, aujourd’hui j’ai envie d’écrire sur quelque chose que je viens de vivre récemment. Et honnêtement, j’aurais préféré ne pas avoir à écrire ce texte-là, mais voilà, la vie en a décidé autrement, et je me suis dit que c’était peut-être l’occase d’en parler vraiment.
Parce que je suis sûre qu’on est hyper nombreuses à avoir déjà vécu ça. Et que la plupart du temps, on en parle à deux ou trois copines, on essaie de comprendre, et on finit quand même seule avec nos questions à 2h du mat. Donc viens, on en parle ensemble.
Le ghosting, pour celles qui auraient vécu dans une grotte ces dix dernières années (et franchement je les envie un peu), c’est quand quelqu’un disparaît du jour au lendemain sans aucune explication. Zéro message, zéro appel, zéro rien. Une conversation qui s’arrête comme ça, dans le vide. Ou pire : quelqu’un avec qui ça se passait bien, avec qui t’avais des vrais échanges, et qui du jour au lendemain… plus rien.
Et c’est pas un truc nouveau dans le sens où les gens ont toujours pu se barrer sans s’expliquer. Mais ce qui a tout changé c’est les réseaux. Parce qu’avant, disparaître ça demandait un effort. Là, il suffit de ne plus répondre. De voir le message, de poser son téléphone, et de passer à autre chose. L’écran crée une espèce de distance qui rend l’autre… moins réel, tu vois ? Moins humain. Juste une photo de profil et des bulles de texte.
Et c’est ça qui est carrément flippant en fait.
Alors je vais être honnête sur ce que ça fait vraiment, parce que je pense qu’on minimise beaucoup trop souvent.
Au début tu te dis « ok il/elle répond pas, il/elle est sûrement occupé.e ». Puis tu relis les derniers messages pour voir si t’as dit un truc bizarre. Puis tu vérifies ses stories. Puis tu vérifies encore. Puis tu envoies un dernier message genre “tout va bien ?” (avec le cœur qui bat) et il reste lui aussi sans réponse. Et là c’est parti pour une obsession totale.
Genre tu scrolles son profil à des heures indécentes. Tu analyses la moindre interaction. Tu demandes à une amie de regarder son compte parce que t’as peur qu’il/elle t’ait bloquée. Tu rejoues dans ta tête chaque conversation en mode “qu’est-ce que j’ai mal fait”.
Et c’est là que ça devient vraiment malsain. Pas parce que t’es folle (t’es PAS folle) mais parce que ton cerveau cherche désespérément une clôture qu’on lui refuse. Il y a même un truc en psychologie qui explique ça : on s’accroche beaucoup plus fort aux choses inachevées qu’aux choses terminées. Le ghosting, c’est exactement ça. Une histoire qu’on n’a pas le droit de finir.
Et pendant ce temps-là, t’es là à te demander ce que t’as fait. Ce que t’as dit. Ce que t’aurais dû dire ou pas dire. Ce que t’aurais dû être ou pas être.
Alors je vais te dire un truc que j’aurais eu besoin d’entendre moi-même : le ghosting ne dit absolument rien de ta valeur. Rien de ce que tu vaux, rien de ce que tu mérites, rien de si t’es trop ceci ou pas assez cela.
Ce que ça dit, par contre, c’est tout sur la personne qui disparaît. Ça dit qu’elle est incapable de gérer une conversation un peu inconfortable. Qu’elle préfère son propre confort à ta tranquillité d’esprit. Que sa gestion émotionnelle… c’est pas encore ça. Voilà. C’est tout ce que ça dit.
Un message de deux lignes (même maladroit, même douloureux à recevoir) aurait suffi. “Je ne ressens pas les mêmes choses”, “j’ai besoin de space”, n’importe quoi. Deux lignes, c’est pas grand chose. Et pourtant certaines personnes ne sont même pas capables de ça.
Ce n’est pas ton problème. C’est le leur.
Petite parenthèse parce que le ghosting c’est pas que dans les relations amoureuses, loin de là. Un recruteur qui ne rappelle jamais après un entretien. Un client qui disparaît après un devis. Un collègue qui arrête de répondre à tes mails sans raison. Une amie qui s’évapore progressivement sans jamais vraiment t’expliquer pourquoi.
C’est exactement le même mécanisme, exactement la même douleur. Et pareil : ça ne remet pas en question ta valeur pro, ni la qualité de ton travail, ni toi en tant qu’amie. Ça remet en question leur manière de traiter les gens.
Parce que c’est bien beau tout ça mais concrètement, quand t’es en plein dedans, comment tu fais ?
Je sais que c’est dur à entendre. Mais cette clôture que t’attends ? Elle ne viendra pas de l’autre. Elle viendra de toi, quand tu décideras que tu n’as pas besoin de son explication pour avancer.
Mute, bloque si tu dois. C’est pas de la rancoeur, c’est de l’hygiène mentale. Regarder ses stories dix fois par jour ne t’apporte aucune info utile, ça entretient juste l’obsession.
À une copine, à un psy, dans un carnet. Dire “j’ai été ghostée et c’est nul et je suis en colère” ça fait du bien. C’est vrai, c’est nul, et t’as le droit d’être en colère.
Tes projets, tes trucs à toi, les gens qui t’aiment vraiment et qui répondent à tes messages. Ton identité ne se résume pas à la façon dont une personne t’a traitée.
Pas besoin de faire genre “de toute façon c’était pas si important”. Si t’as mal, t’as mal. C’est légitime. Et ça passera.
Voilà. C’est tout ce que j’avais envie de dire aujourd’hui.
Si t’as déjà vécu ça, sache que t’es vraiment pas seule. Et si tu le vis en ce moment : courage. Le silence de quelqu’un d’autre ne définit pas ton histoire. Il définit la sienne.
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